Les signataires de l'acte


Jean Maritz de la Barollière

Signature Maritz

À tout seigneur, tout honneur, Jean Maritz de la Barollière signe en premier. Il est le fils de Jean Maritz (1670 – 1743) inventeur du forage horizontal des canons.

Né à Burgdorf en 1711, il arrive le 2 mai 1734 avec son père pour diriger la fonderie de canons de Lyon à Vaise sur les bords de Saône. En 1738, il devient fondeur à Strasbourg, l’une des deux plus importantes fonderies royales et la machine de Maritz part de Lyon pour Strasbourg en 1740.

En 1742, Jean père quitte Lyon pour Genève et Jean fils est à la tête de deux fonderies. En 1746 sa machine est installée à Douai dans le Nord. Le 30 septembre 1747 François-Simon Berenger maître fondeur à Douai meurt, son fils Jean-François qui a 22 ans le remplace et est formé par Jean Maritz. Le 8 novembre 1750, ce dernier achète la Barollière pour 65 000 livres, en 1751 il est à Strasbourg part ensuite en 1753 pour Rochefort puis Ruelle.

Attestation de naissance de Jean     Portrait de Maritz

Monogramme de Jean MaritzLe monogramme de Jean Maritz

Le 21 juin 1755, il obtient son brevet de chevalier de Saint Michel. Il est de retour à Strasbourg en 1760, puis repart travailler en Espagne, en 1765, à Barcelone puis Séville, le roi Charles III le nomme maréchal de camp avec une solde de 30 000 livres.

Château de la BarollièreLe château de la Barollière

En 1764, Il achète le château de la Rigaudière à Saint Julien dans le Beaujolais.

En 1772 il est nommé Bourgeois de Lyon. A partir de 1773 il reste à Limonest et le 12 juin 1790, Antoinette sonne le glas de son père, Jean Maritz est décédé au château de la Barollière.


Antoinette Colabeau de Juliénas

Signature d'Antoinette

La marraine a douze ans : Antoinette Colabeau de Juliénas, est une jeune marraine prestigieuse pour la cloche de Jean Maritz. Elle est la petite fille d’Horace Vande de Saint-André, seigneur de Saint André du Coingt et de Limonest, conseiller du roi à la cour des monnaies depuis 1712, année de son mariage avec Marie Cholier, fille de Pierre Cholier, prévot des marchands.

C’est aussi la fille de Françoise Vande qui a épousé en 1737 Jacques de Colabeau, seigneur de Juliénas et Vaux, conseiller à la cour des monnaies.

Horace Vande de Saint-André est seigneur de Limonest, mais le château est-il sur la paroisse de Limonest au mont d’or ou de Saint Didier au mont d’or ?

En 1720 la question s’est posée lors du baptême d’Horace fils de Jean Girin, maître valet au château ; le baptême a eu lieu dans la chapelle du château mais fallait-il l’inscrire sur le registre de Limonest ou de Saint Didier ?

Château de Saint-André
Le château de Saint-André à Saint-Didier-au-Mont-d'Or






Après être allé à Limonest où tout ce beau monde (les Vande de Saint-André, Bollioud de Fetan (nous en reparlerons), Cholier de Saint André) a signé le registre, il a fallu tout rayer et retourner faire la même chose à Saint Didier au Mont d’Or.

Revenons à la petite Antoinette qui a donné son nom à cette belle cloche de 600 kg, Jean Maritz a peut-être un mariage en tête, son petit Charles-Henri, pourtant un peu trop jeune pour Antoinette, ferait un beau mariage.

Mais Antoinette n’épousera pas Charles-Henri ; sept ans plus tard elle se mariera avec Louis, Hector, Melchior, Marie de Harenc de la Condamine, seigneur d’Ampuis.

Elle va décéder à 34 ans le 10 novembre 1772.


Judith Deonna Maritz de la Barollière

Signature de Judith Deonna

Judith Deonna Maritz de la Barollière, la femme de Jean Maritz ajoute aussi sa particule ; elle est née le 5 juin 1717 ; son père, Gaspard, originaire de Genève était maître teinturier à Lyon. Comme son père, Antoine, Gaspard est retourné à Genève où il vient de mourir le 13 mars 1751.

Judith a épousé Jean le 10 novembre 1735 à Satigny dans le canton de Genève ; ils ont eu sept enfants, Laurence le 6 août 1736 (ils n’ont pas perdu de temps !) puis Jean Gaspard le 23 septembre 1738, Charles le 16 mars 1740, Charles-Henri né à Strasbourg le 15 décembre 1744, Joséphine Laurentine Jeanne Françoise née à Strasbourg le 3 décembre 1745, Louis-Jean né le 1 mars 1748 et enfin Jeanne Louise née aussi à Strasbourg le 13 octobre 1751.

En ce 22 juin elle est donc enceinte et attend un heureux événement pour l’automne.

Sa vie sera ponctuée de naissances et de déménagements. Après le décès de son mari en 1790, elle vendra le château de la Barollière le 18 octobre 1793 pour s’installer avec son fils Charles-henry au château de la Rigaudière à Saint Julien où elle finit sa vie en 1795, le 8 germinal an 4 à 4h du matin.


Françoise Vande de Juliénas

Signature de Françoise Vande

Françoise Vande de Juliénas est la mère d’Antoinette, et donc, voyons si vous avez suivi ?

La fille d’Horace Vande de Saint-André bien sûr ! Elle a été baptisée le 17 août 1735 et s’est mariée le 28 février 1737 à Saint Nizier de Lyon avec Jacques de Colabeau, seigneur de Juliénas.


Charles-Henry Maritz

Signature de Charles-Henry Maritz

Charles-Henry Maritz, le parrain n’a que 6 ans et demi, mais écrit déjà bien son nom. Il est né à Strasbourg le 15 décembre 1744, et, comme son beau-frère Jean-François Beranger et son cousin Jean Maritz, il travaillera dans les canons, il deviendra commissaire des fontes de l’Artillerie, capitaine du corps royal de l’artillerie d’Espagne et Bourgeois de Lyon.

En 1769 il épousera Françoise Sibylle Millanois de la Salle, fille de Charles Millanois, marchand bourgeois de Lyon, conseiller-secrétaire du roi et directeur de trésorerie de la monnaie de Lyon.

La jeune Françoise Sibylle a six ans de moins que lui, elle est née le 21 novembre 1750, ils auront une fille Jeanne-Marie qui va naître à Limonest le 19 avril 1771.

Sa fin de vie sera terrible en 1796, puisqu’après avoir perdu sa mère le 8 germinal an 4, sa femme décède le 19 prairial an 4 et lui, le 24 fructidor an 4 (10 septembre 1796), il a 51 ans.


Catherine Thérèse et Isabelle Deonna

Signature de Catherine et Isabelle Deonna

Catherine Thérèse Deonna et Isabelle Deonna ont signé sur la même ligne, rien ne sépare les deux filles de Gaspard Deonna. Catherine Thérèse est née le 31 décembre 1714 et Marie Isabelle le 22 décembre 1715 ; le 22 juillet 1727 elles entrent dans une communauté religieuse où Catherine prononcera ses vœux en mai 1732 et Isabelle en mai 1734.

La famille Deonna, comme la famille Maritz est protestante convertie au catholicisme. Les deux sœurs religieuses signeront aussi pour un baptême où leur nièce Laurence est marraine à Limonest en 1757.


Bollioud et Bollioud

Signature des Bollioud

Bollioud et Bollioud, comme les sœurs Deonna, les Bollioud vont par deux. Ils sont venus avec la famille Vande ; Claudine, la sœur d’Horace Vande a épousé le 13 février 1703 à Saint-Nizier de Lyon Claude Bollioud, seigneur de Fétan. On peut penser que les deux signataires sont deux de ses fils, François, seigneur de Chanzieu ou Gaspard, chanoine ou Marie-Horace, capitaine de grenadiers.

Les Bollioud et les Vande, c’est la rue Saint-Dominique (actuelle rue Émile Zola) de Lyon qui vient se promener à Limonest : cette rue est le lieu d’origine de tout ce beau monde, même lieu et même activité, ils sont tous conseillers à la cour des monnaies.

Il y a dix ans, rue Saint Dominique, ils ont sans doute croisé un précepteur genevois, encore un genevois comme les Maritz ou les Deonna, qui œuvrait chez le Sieur Mably, quoique ce fameux précepteur, Jean-Jacques Rousseau, préférait se promener à Rochecardon plutôt que sur la place Louis le Grand où les rencontres ne sont pas toujours bienvenues.


Laurence Beranger

Signature de Laurence Berenger

Laurence Beranger est fière de signer de son nom de femme mariée : elle n’a que quatorze ans mais a épousé Jean-François Beranger Donicourt de Roucourt qui a 25 ans, le 12 octobre 1750 dans l’église de Saint Pierre de Vaise.

C’était un beau mariage, qui permet de réunir les trois grandes fonderies royales, Douai, Strasbourg et Lyon ; car Laurence est la fille de Jean Maritz, celui-ci a marié son aînée avec son apprenti, qui est aussi maître fondeur de Douai, il a aussi réussi à faire venir Joseph de Vallière, lieutenant général des armées du Roi, directeur et inspecteur général de l’artillerie ainsi que Camille Perrichon, conseiller d’État et ancien prévôt des marchands. Un beau mariage avec une belle dot.

Pour le mariage de sa petite sœur Joséphine en 1764 la dot sera de 100 O00 livres. Un beau mariage qui finira par un divorce, d’ailleurs, signe des changements, Laurence signe « Laurence Maritz de la Barollière » en 1757, sur le registre d’un baptême à Limonest. Ils auront pourtant cinq enfants dont Jean-Laurent Casimir, dernier né en 1759, elle a alors 23 ans. Elle terminera ses jours à Paris le 27 décembre 1800.


Claude Bourricand

Signature de Claude Bourricand

Claude Bourricand, avec un d comme les Bollioud (quoique comme les Dupond/t on trouve aussi des Bourricant) et comme les Dupond et les Bollioud ils vont par deux. Pourtant il n’y a qu’une signature, pourquoi ?

Parce qu’Étienne Bourricand, qui ne peut pas être absent, ne sait pas signer. En effet les Bourricand, ce sont enfin les vrais limonois qui sont là, ils sont très actifs dans la paroisse : Claude est luminier, chargé d’entretenir le luminaire de l’église, il gère aussi les finances, c’est le responsable de la « fabrique » de la paroisse ; Étienne est marguillier, chargé du registre des pauvres, qui est certainement tenu par Claude puisqu’Étienne ne sait pas écrire. Ils sont vignerons comme une bonne partie des habitants de la paroisse. Dans huit mois Étienne sera mort, il sera remplacé dans sa fonction par Antoine … Bourricand bien sûr.

Mais Étienne Bourricand n’est pas le seul présent n’ayant pas signé, Joseph Bresent ou Bressan est aussi luminier de la paroisse, son nom est gravé sur la cloche mais il ne sait pas signer.


Joachim Charret

Signature de Joachim Charret

Joachim Charret, écuyer et seigneur de Grange Blanche habite aussi rue Saint Dominique. Il connaît certainement les Vande et les Bollioud mais c’est Jean Maritz qui l’a invité, il est inspecteur de l’armement.

D’ailleurs toute la famille Charret était venue au mariage de Laurence à Vaise l’année dernière.

Le pauvre Joachim va vivre encore moins longtemps qu’Étienne Bourricand après la cérémonie puisqu’il meurt le 17 novembre 1751.


Terminons par le clergé

Signature du curé de Dardilly

Hilaire Bouchet est curé de Dardilly depuis septembre 1729, il est le neveu de son prédécesseur Jean Bouchet curé de 1698 à 1727. Il vient souvent à Limonest puisqu’avant-hier, il était déjà là pour le mariage d’Antoine Damez de Dardilly avec une fille de Limonest.

Pour lui aussi, les jours sont comptés,  Hilaire Bouchet, prêtre, curé de Dardilly, après avoir gouverné avec édification de tout le public la ditte paroisse pendant 29 ans est décédé le 22 janvier 1153 ».

Signature du curé de Limonest

Il est mort sans avoir reçu la communion et a été enterré dans le chœur de l’église ; son neveu Anthoine Bouchet, vicaire le remplace temporairement avant le curé Rey et il deviendra curé de la Tour.

Jean-Baptiste Delorme, après 24 ans de vicariat a été nommé curé de Limonest le 22 décembre 1739, il va profiter de sa magnifique cloche pendant 18 ans jusqu’à son remplacement par le curé Jothié.

Plan de l'église de Limonest
Plan de l'église de Limonest

1751, épilogue

Après un beau mariage et l’anoblissement, 1751 a commencé comme une année faste pour les Maritz. Après la belle bénédiction de cloche, Charles-Henry et sa sœur Marie Laurence Joséphine devaient être parrain et marraine de Charles-Henry Chapiron fils de Benoît Chapiron, régisseur des biens du seigneur de la Barollière, baptisé le 26 décembre, mais à cette date ils sont à Strasbourg « avec leurs chers père et mère au service de sa majesté pour les fontes royales » et Noël a été très triste, la petite Jeanne Louise n’a vécu que deux mois et a été enterrée le 13 décembre 1751.

L’année se termine terriblement.


Supports de cloche


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