Souvenirs d’un « sonneur »


Pierre Uliana

Pierre Uliana, est né en 1941 ; son père, Antoine était sacristain depuis 1937, en contrepartie de la location d’un petit appartement sans eau, il assurait cette fonction à l’église.
À partir de ses 7 ans et jusqu’à 20 ans, Pierre a aidé son père avant que la cloche ne soit électrifiée.

« Tous les jours, il fallait sonner l’Angélus, à 7h et à 19h, la prière était ponctuée par 3 fois 3 coups puis 12 coups de cloche. Les heures étaient sonnées grâce au mécanisme. Le samedi soir nous remontions les deux poids en pierre, à partir d’une cabine au sommet du clocher, j’ai encore dans les oreilles le bruit du tac, tac de la manivelle qui permettait d’enrouler la corde pour remonter les pierres ».

« Le dimanche, nous sonnions les 3 cloches pour la messe, avec une corde dans chaque main et une corde avec un anneau passé au pied ; la sonnerie était faite une demi-heure puis cinq minutes avant la messe ; il fallait tirer trois fois celle de droite, puis trois fois celle de gauche, une fois à droite, une fois à gauche, encore à droite et enfin la grosse cloche du milieu ».

« Nous annoncions aussi les enterrements, de première, deuxième ou troisième classe. Pour les mariages nous sonnions la grosse cloche à la volée ; et pour Pâques, c’était la grande volée des trois cloches ; à la volée je me régalais ; on décrochait la corde du tympan et on tirait les cordes sur les traverses tenant les cloches. Il fallait être trois : le garde-champêtre (le père Revol) venait nous aider ou le père Bost, jardinier chez Gignoux, une fois monsieur Trombetta, le cordonnier, est venu, mais il était trop petit. Une seule fois mon père a sonné les cloches à la volée pour un baptême, c’était celui de mon frère Christian, né en 1951. ».

«  À l’église il fallait aussi faire chauffer le poêle au charbon. Émilia, ma mère faisait le ménage ; on préparait la crèche pour Noël. À partir de 6 ans j’ai été enfant de chœur ; tous les jours il y avait la messe, mademoiselle Bourriquand, alors secrétaire de mairie et mademoiselle Baron, institutrice à l’école Saint-Martin, étaient toujours là. Le dimanche Gaston Boustugue, le maire ou Christian Machet jouaient sur l’harmonium. »

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